03 novembre 2014

Voix entrelacées (Edouard Bineau, Daniel Erdmann et Sébastien Texier) pour la naissance d’un thème d’une beauté stupéfiante (« Nouhma ») : nous voici dans l’ambiance d’un disque de jazz rare. Rare car on a envie de le chanter. Qui, aujourd’hui, se souvient du chef-d’œuvre de Bertrand Renaudin, L’Arbre voyage, disque solaire dont on avait envie d’entonner chaque composition ? Il y a un peu de cela ici. C’est le signe qu’un grand compositeur est à l’œuvre. Mais ce n’est pas tout. Nous avons envie de chanter, mais nous ne sommes pas les seuls. Dès le titre suivant, « Hey Man », qui semble familier (alors qu’on n’a pas pu entendre cette composition originale), on s’émerveille de la voix androgyne et terriblement soul de Michael Robinson sur une chanson d’une évidence absolue (il faut se précipiter pour l’écouter).

Entre le blues originel, le jazz néo-orléanais et une musique improvisée plus contemporaine, Edouard Bineau pétrit une jolie matière, les pieds bien ancrés dans le sol (disons plutôt la main gauche) et la tête perdue dans les étoiles (« Le Pas de la licorne », « Back Flip », « I Miss You »…). Outre Texier (saxophone alto et clarinette), Erdmann (saxophones ténor et soprano) et Robinson (que l’on retrouve pour le déchirant « Deep In The Night », lequel vaut à lui seul l’achat du disque), Jean-Jacques Milteau (par trois fois) et Gildas Boclé (pour un seul titre avec contrebasse), complètent la fine équipe. Un grand moment. A ne pas manquer en concert.

Antoine Garance

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